Participer à la Marche

Le problème des Sans-terre est assez récent dans son ampleur. Ce sont des gens qui sont mis en prison, molestés, méprisés parfois assassinés tout simplement parce qu’ils gênent.

Il y a encore cinquante années, ils vivaient sur leurs terres, hérités de leurs ancêtres, la plupart étant des tribaux qu'ils soient Amérindiens, Africains ou Indiens d’Inde. Ils récoltaient ce dont ils avaient besoin, au jour le jour, sans accaparer la terre dont ils disaient dépendre et qu’ils nommaient avec un immense respect la Terre-Mère.

Avec nos gros sabots, nous, les Occidentaux sommes arrivés avec notre civilisation dominatrice, agressive et argentée.

A la fin de la colonisation, les Etats, et en particulier l’Inde, ont décrété que la terre leur appartenait, ce qui semble logique car l’ensemble du pays appartient à tous. En Inde, par contre ceux qui avaient des actes de propriété ont pu rentrer dans leur droit immédiatement.

Les autres, la plupart analphabètes, ignorant l’idée même de propriété ne réclamèrent rien, et tout rentra dans l’ordre, puisque l’Etat ne manifestait aucune intention d’accaparement.

Dans des années 80-90, celui-ci commença à réquisitionner des terres pour les grands travaux d’industrialisation menés par lui-même et très vite il dut aussi satisfaire les besoins d’alimentation en énergie (barrage), le développement touristique (parcs nationaux pour tigres et éléphants), les infrastructures (autoroutes, aéroports), puis ce fut l’immense invasion des multinationales avides de terres, d’eau, d’espaces, de forêts et de minerai à transformer.

Ainsi les conflits se sont multipliés entre ceux qui vivaient sur leurs terres ancestrales (mais sans actes de propriété) et l’Etat ou les sociétés qui bénéficiaient de ces ressources.

Soumis pour beaucoup à la fatalité de Karma, les pauvres (adivasis, intouchables, etc) par millions se terrèrent et acceptèrent ces conditions inhumaines se regroupant en bidonvilles dans les énormes métropoles à mendier, errer et survivre. D’autres, par contre, prirent le chemin de la clandestinité, poussés par des mouvements violents, armés, très vite récupérés par les mafias locales, parmi lesquels les Naxalites (sans aucun jugement à leur égard).

Il y a plus de vingt ans des hommes comme Rajagopal, bravant les codes et les us traditionnels leur dirent que le karma avait bon dos et que s’ils vivaient une vie indigne s’était à mettre au compte de la rapacité des hommes, de l’injustice d’un système basé sur l’avidité, la domination et la peur.

Ce fut long, car une société ne bouge pas rapidement, cependant ce sont les fils des premiers avertis par Rajagopal qui acceptèrent le défi. Après de multiples tentatives depuis les années 2000, une grande marche fut décidée de Gwalior à Delhi sur 300 kms avec 25000 sans-terre, tous, enfants, femmes, jeunes et moins jeunes, formés à l’action non-violente. Et durant ce mois de marche en octobre 2007, ils ont réclamé leurs droits à une vie digne et le respect pour eux et ceux qu’ils représentaient. Debout, en marche, sans mépris et sans haine mais de façon déterminée ils obtinrent dès janvier 2008 la pleine récompense de leurs actions (voir le film consacré à cette marche).

En effet le Congrès et tous les parlementaires acceptèrent le plan de modification du droit rural d’Ekta Parishad (syndicat « Forum Uni ») qui représente un triomphe de l’action non-violente.

Mais rien n’est simple en Inde, les lois sur l’abolition des castes datent de 1947 et rien n’a vraiment changé surtout dans le monde rural où la culture hindoue est partout présente. Les nouvelles lois sur le droit rural ne sont pas appliquées et ne sont pas prêtes à l’être. Ainsi il fut décidé aussitôt de remettre en route une marche avec une apothéose en octobre 2012. Déjà cette marche est en route depuis octobre 2011, Rajagopal et les 12000 personnes qu’il a formées se déplacent de villages en villages à travers tout le pays pour mobiliser les miséreux injustement traités, puis 100000 d’entre eux marcheront sur Delhi en octobre 2012. Nous avons proposé en outre à Rajagopal la mondialisation de cette marche sur les cinq continents.

En France une marche de 28 jours partira du Croisic vers le Trocadéro. 21 septembre, journée mondiale de la Paix, 2 octobre à Angers, journée mondiale de la Non-violence et à Paris-Trocadéro le 17 octobre journée mondiale du refus de la misère. Détails sur le site.

Toutes les femmes et les hommes de bonne volonté sont invités à prendre leur part, même petite, à cet évènement. Sur le présent site internet, chacun trouvera les informations nécessaires pour s’impliquer localement en lien avec la marche Jansatyagraha (la force de vérité du peuple).

Des documentaires sur ces faits sont disponibles sur www.association-shanti.org

 

 

Bulettin d'inscription à la marche JanSatyagraha (Bientôt disponible)

 

 

Voir aussi :

 

Film sur la marche d'Ekta Parishad, Janadesh 2007 (La marche des Gueux)

Projet de marche de soutien entre Le Croisic et Paris Trocadéro

Projet de course solidaire entre Carcassonne et Paris Trocadéro